31/10/2010

la fête de la TOUSSAINT en Equateur

 

Toussaint et fête des morts

 

 La Toussaint (día de todos los santos) et la fête des morts (día de los difuntos) conservent une énorme importance. Pour vous en rendre compte, allez donc visiter Calderón, Ambato ou n’importe quel autre cimetière indien du pays. Vous comprendrez que les morts restent présents dans la vie quotidienne.
Les esprits des morts sont invités à revenir dans le monde des vivants pour une célébration consacrée à leurs vies. Les gens passent souvent la journée et une partie de la nuit dans le cimetière, nettoyant et décorant les tombes familiales de couronnes de fleurs. On y mange également les différentes spécialités préparées par les femmes, les enfants jouent au milieu de toutes ces tombes sur le son des guitares.

Fleurs de la Toussaint_m.jpg

 

Comme beaucoup d’autres fêtes religieuses, la Toussaint a des origines païennes. Dans la nuit de samedi à dimanche, on passera à l’heure d’hiver; ce n’est pas un hasard. La fête des morts marque, en effet, le passage vers l’hiver. Comme au temps des Celtes, quand l’année se composait de deux saisons seulement, été et hiver. On fêtait alors Samain (qui signifie "fin de l’été" en irlandais), le nouvel an celte. On rendait hommage aux ancêtres en ouvrant leurs tombes afin de rendre possible la communication entre morts et vivants. Il faut attendre 835 pour que le roi français Louis le Pieux transforme, avec l’accord du pape Grégoire IV, cette coutume en une fête chrétienne mettant les saints à l’honneur. Mais la superstition populaire reprendra bientôt le pas, et on instituera la fête des morts le lendemain.

 

En Bretagne, le jour des morts, on mangeait autrefois les crêpes des trépassés, à base de lait caillé et de cidre. En Corse, on continue de consommer le plus de châtaignes possible, afin de délivrer autant d’âmes du Purgatoire. On a aussi l’habitude de laisser des châtaignes ainsi que du lait sur les rebords de fenêtres en offrande aux morts qui reviennent, affamés, sur les lieux où ils ont vécu. Enfin, à Bastia, on prépare la salviata, gâteau en forme de S à la liqueur d’anis et saupoudré de sucre glace que l’on partage en famille, entre amis ou voisins. Mais bien d’autres régions françaises possèdent leurs propres spécialités liées à la Toussaint : niflettes de Provins en Seine-et-Marne, pâté aux poires de Fisée de la Toussaint en Normandie

Chez nous, du côté de Liège, on prépare les gaufres de la Toussaint (cf. recette). Tandis qu’en Catalogne, le temps est aux pannelets, des petits gâteaux élaborés avec de la poudre d’amandes et de la purée de pommes de terre, souvent garnis de pignons de pin ou d’autres fruits secs. Côté italien, les traditions sont également nombreuses. On trouve, par exemple, la frutta martorana, sucrerie palermitaine proche du massepain façonnée en forme de fruits.

Lors de la fête des morts mexicaine, d’origine précolombienne, on dépose sur les tombes et les autels les plats préférés des morts, ainsi que de la tequila et des têtes de morts en sucre.

 

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On prépare aussi le pan de muertos, une brioche ronde symbolisant la tombe, la base du crâne et les os, ainsi que de nombreuses sucreries, dont la calabaza en tacha, une citrouille confite (cf. ci-dessous). Dans de nombreux autres pays d’Amérique centrale ou du Sud, très catholiques, la fête des morts donne lieu à des célébrations où le repas est dégusté directement sur les tombes. Ainsi, en Equateur, on mange des guagas de pan, des brioches en forme de bébés accompagnées de colada morada, une boisson à base d’ananas, de mûres et de myrtilles.

 

 

 

 

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